Amazonie: 3 jours intenses en Equateur

Après Banos, nous sommes allés respirer l’air du poumon de la planète: l’Amazonie. Grâce à une recommandation donnée par d’autre voyageurs (merci Sylvie), nous sommes allés chez Juan et sa famille, qui habitent au Sacha Sisa Lodge. Ils habitent dans une maison au dessus de l’eau, accessible uniquement en pirogue, avec l’Amazonie en guise de jardin! En plus, Juan parle français, ce qui est un sacré avantage!

Jour 1: Arrivée en Amazonie

Le Sacha Sisa Lodge

Ca commence à devenir une habitude: nous partons de Banos en bus direction Tena, une petite bourgade aux portes de l’Amazonie. Juan nous y attends avec son taxi, pour nous amener au bord du fleuve Napo pour y récupérer sa pirogue.

Nous chargeons les sacs dans la pirogue, et en avant! Nous observons l’Amazonie qui se dresse devant nous, majestueuse… On passe devant des chercheurs d’or… Puis nous découvrons où nous allons dormir et manger durant les 3 prochains jours: le Sacha Sisa Lodge.

Le lodge est situé en hauteur, coincé entre la rivière et la forêt. Nous montons les escaliers chargés comme des mules avec nos sacs, pour prendre possession de la chambre. Elle est confortable, avec des moustiquaires, mais évidemment c’est rustique. On est en Amazonie tout de même! Le groupe électrogène est démarré entre 18 et 22h, il faut préparer avant les appareils électriques pour les recharger pour ne pas louper le coche!

Nous prenons nos quartiers, puis nous allons faire une première découverte avec Juan. Il nous emmène voir une plantation d’ananas! Nous en avions déjà vu en Polynésie, sans vraiment en visiter.

Visite d’une plantation d’ananas

Juan nous fournit des bottes, car l’accès à la plantation est boueux. Lorsque nous arrivons, il nous explique: la plantation appartient à un homme âgé de 95 ans, qui vit ici avec son fils. Ils cultivent des ananas (entre autres) pour les vendre ensuite à Tena, la ville la plus proche.

Son terrain est très en pente (comme un peu partout j’ai l’impression ici). Du coup, ils ont mis en place des tyroliennes rudimentaires pour pouvoir descendre les ananas jusqu’à la rivière. Et en effet, pour arriver jusqu’à la plantation, nous grimpons des escaliers, des échelles faites de fer à béton… Je n’imagine même pas les conditions d’exploitation de cette plantation. La vie est rude en Amazonie.

Au bord du chemin, Juan s’arrête avec un « Oh » de surprise. Il nous dit de faire attention, il y a une fourmi balle. Cette fourmi, si elle vous pique, la douleur est telle qu’on la compare à une blessure par balle, d’où son nom. Puis, vous continuez avec de la fièvre et des douleurs pendant plusieurs jours… On fera bien attention de ne pas la déranger cette demoiselle!!

Un chiot absolument adorable nous accueille, pour arrive le Papy. Son fils n’est pas là, il est allé en ville la veille mais n’est toujours pas revenu… Juan pense qu’il a passé la soirée à boire avec les copains. Triste. L’alcool fait des dégâts partout, mais encore plus dans les lieux isolés. Nous espérons sincèrement qu’il reviendra vite, son père a vraiment besoin de lui!
Même cette anecdote est un réel apprentissage pour Raphaël. Il voit à quel point il faut faire attention avec l’alcool, et à quel point les conditions de vie peuvent être différentes suivant où l’on se trouve. L’enseignement du voyage…

Nous déambulons dans la plantation, Juan en cueille quelques uns pour nous faire goûter et pour en ramener au lodge. Il nous explique comment les choisir: Jaune c’est trop mûr (juste bon pour le jus). Vert, c’est pas assez mûr (bon pour le garder de côté en attendant qu’il murisse). Entre jaune et vert, il sera parfait pour manger!

Une fois de retour, Papy nous découpe des ananas… Qu’ils sont bons… Rien à voir avec ce que nous pouvons manger en France! C’est sucré, pas du tout acide, bien juteux… Dommage qu’on ne puisse en envoyer vers la France!!

Nous rentrons ensuite au lodge, le ventre plein d’ananas. Nous passerons une nuit au son des oiseaux de la forêt, et du coq de la pension! Il y en a vraiment partout en Equateur!

Jour 2: balade en forêt Amazonienne et découverte de sa culture

Randonnée en forêt Amazonienne

Ce matin, nous partons pour la forêt, la vraie! Juan et sa famille ont un terrain de 60 hectares derrière le lodge.

Nous partons donc, à nouveau chaussés de nos bottes, vers l’arrière du lodge. Tout d’abord, nous traversons sa culture de cacao, planté il y a 25 ans par son père. Puis, nous rentrons dans la forêt secondaire: c’est la forêt qui a été touchée par l’homme, mais qui redevient doucement sauvage.

Et enfin, la forêt primaire, la vraie forêt Amazonienne, qui n’a jamais été touchée par l’homme. Nous suivons Juan à travers cette forêt haute, à la recherche d’oiseaux. Nous les entendons beaucoup, mais peu accepteront de se montrer. Vu le bruit que nous faisons rien qu’en marchant sur les feuilles, ils doivent nous entendre à des km!

Il fait chaud, moite, ça monte, ça descend… J’imaginais l’Amazonie plate, et bien pas du tout!! Juan fabrique un chapeau à Raphaël avec les feuilles d’une plante. Il nous explique les vertus médicinales de certaines, l’utilité pratique d’autres (comme le fruit d’un arbre qui sert de peigne!). Une visite très instructive, et sportive!

Nous rentrons trempés de sueur. Après une bonne douche, un bon repas, et une pause bien mérité, on continue les découvertes!

Découverte de la culture Quechua

Au sein de l’Amazonie, il existe un grand nombre d’ethnies, avec toutes leurs cultures et leurs traditions. Juan nous emmène dans « le village des femmes ».

Ce village a une histoire bien particulière. Avant la création de cette organisation, le village était classique. La société était très « macho »: les hommes gouvernaient tout, décidaient de tout: les activités du village, les ventes des produits, l’utilisation de l’argent… Résultat, l’argent était mal utilisé: il finissait souvent dans la bière entre hommes! Encore!!!
Du coup, une femme (celle que vous voyez en photo plus bas), a créé ce village. Non seulement toutes les productions du village sont faites grâce à des produits naturels trouvés à proximité du village, mais en plus l’argent y est géré par les femmes. Une révolution dans cette culture très machiste. L’homme a toujours sa place dans le travail, l’exploitation… Mais ce sont les femmes qui décident dans quoi ils investissent, qui partagent les richesses de la communauté… C’est moi où ça l’air de très bien fonctionner ainsi?

Après cette explication, nous avons droit à plusieurs démonstrations: comment les fibres d’une plante sont utilisées pour créer de la ficelle ainsi que la création d’objets en céramique. Intéressant!!

A la fin, nous avons la possibilité d’acheter des produits fabriqués par les femmes du village. Nous en prenons, mais je n’en dirait pas plus: les destinataires des cadeaux en question lisent le blog 😉

Lorsque nous rentrons, Juan ne monte pas directement au Lodge: il va mettre en place son filet de pêche. Ni une ni deux, voilà Raphaël qui se joint à lui. Il revient émerveillé par l’expérience: ils ont mis en place le filet de nuit, à la lueur de la lune, des étoiles et des lucioles… L’enseignement du voyage, encore!!

Jour 3: Oiseaux, Amazoonico et chocolat

Ce matin réveil à l’aube. Nous allons sur l’île en face du lodge chercher des animaux! Mais d’abord, Raphaël aide Juan à enlever le filet posé hier. 2 poissons au compteur, dont un préhistorique…

A la recherche des oiseaux d’Amazonie

N’ayant pu observer beaucoup d’oiseaux lors de notre marche dans la jungle, Juan nous emmène en face du lodge. Sur l’île, la végétation est plus clairsemée, les oiseaux sont donc plus faciles à observer. Ils sortent entre 6:00 et 8:00, nous y allons donc de bonne heure.

Nous avons pu voir des toucans, des sortes de grosses dindes, mais aussi des singes. Il nous montre un phénomène qui fera beaucoup rire Raphaël: il y a une plante, quand on la touche elle rétracte rapidement ses feuilles. Rigolo à observer!
Nous mangeons également de la fève de cacao fraîche (ou plutôt la peau qui la recouvre). En effet, lorsque vous prenez une cabosse de cacao fraîche et que vous l’ouvrez, les fèves sont entourées d’une sorte de peau blanche. Cette peau est délicieuse: une texture de litchi avec un goût de fruit de la passion… Je me suis goinfrée de ça!

Amazoonico

Après un petit déjeuner au lodge, nous repartons en pirogue vers Amazoonico. C’est un centre de secours des animaux de la jungle. Le gouvernement équatorien leur envoi tous les animaux qui ont besoin d’être secourus: animaux sauvages qui ont été pris comme animaux domestiques, animaux blessés, braconnés…

Nous avons eu la chance de faire la visite en compagnie de Benjamin, un Français arrivé dans le centre il y a un mois et demi en tant que volontaire avec sa copine. Diplômés tous deux de deux diplômes en soin animaliers (désolé je ne sais plus le nom des diplômes) ils aident le centre au quotidien: entretien des cages, soins, repas… Il a l’air de vraiment s’éclater, et c’est un vrai plaisir de discuter avec lui.

Il nous explique que le centre ne vit que grâce aux dons, aucune aide n’est donnée par le gouvernement (je te donne les animaux, après débrouille toi…). Le centre a une vraie volonté d’aide. Il récupère les animaux, et essaie dans la mesure du possible de les réhabiliter à la vie sauvage pour pouvoir ensuite les relâcher. Ce qui n’est malheureusement pas toujours possible, notamment avec ceux qui ont été domestiqués, ils n’arrivent pas à se détacher de l’homme. Dans ce cas là, ils les gardent, en prennent soin. Ils ont des cages spacieuses, et essaient vraiment de faire en sorte d’avoir les meilleures conditions de vie pour les animaux. Un vrai plaisir de voir que cela existe!

Nous y observerons donc un anaconda, des singes (beaucoup), des perroquets (encore plus!), caïmans, tapirs, tortues… Tous arrivés là à cause de la bêtise humaine qui prend l’animal sauvage pour un jouet ou pour le manger.

L’étang des caïmans

Nous quittons Benjamin et lui souhaitons tout le meilleur pour la suite (il veut s’installer en Norvège ouvrir un parc de soin animalier), et continuons notre périple.

Juan nous emmène à un étang infesté de caïmans. Ils sont sur une propriété privée, le propriétaire fait justement en sorte qu’ils y soient bien. Nous les observons de près, ils sont impressionnants…

Chicha, fruits et chocolat

Nous rentrons ensuite au lodge pour manger. Après une petite pause, Juan nous emmène chez sa mère qui va nous faire découvrir des spécialités culinaires.

Lorsque nous arrivons, nous découvrons cette petite maison au milieu des plantations de bananes, oranges, manioc… Et cette petite femme adorable.

Le fils de Juan va nous chercher d’abord des fruits (aucune idée du nom…). C’est assez étrange, la peau colle aux doigts! Juan nous les ouvre, c’est très bon! Une fois mangé nous rigolons: le chair du fruit devient collante une fois sèche, nos lèvres se collent ensemble!!

Puis, sa mère commence à cuisiner la chicha. C’est une boisson, faite à base de manioc et de patate douce. Elle fait d’abord de la purée avec le manioc, puis ajoute du jus de patate douce. Celle ci va permettre de faire fermenter le tout. Une fois fermentée (au bout de quelques jours, pour nous elle en sort une autre déjà fermentée), elle mélange la bouillie à de l’eau, et la boisson est prête! Je vous avoue qu’on n’a pas spécialement apprécié la boisson, c’est très particulier. Un peu fade, et vite écœurant. On ne peut pas tout apprécier!

Puis, elle attaque le chocolat… Elle nous emmène d’abord des fèves de cacao, déjà séchées et fermentées. Elle les fait griller dans une poêle, comme des marrons chauds! Nous allons d’ailleurs ensuite les éplucher, tout comme les marrons 😁. Ensuite, passage au moulin. Son moulin est le plus ancien de toute l’Amazonie! Il en faut de la force pour arriver à le faire tourner… Les fèves se transforment en une sorte de pâte épaisse. Nous goûtons, c’est très amer!! Elle récupère cette pâte, et la mélange à du sucre de canne maison, non raffiné bien sûr!! Un peu d’eau, on chauffe tout ça… et voilà un délicieux chocolat, que l’on mange avec des tranches de bananes… On se régale, et les enfants de Juan, cousins et autres bambins aussi!

Quand je la vois cuisiner, dans cette petite cabane, avec les moyens du bord, je suis émerveillée… Faire du chocolat sans four, sans minuterie, sans moyen de vérifier la température… Tout à l’œil, à l’odeur, avec les connaissances qui se passent de génération en génération ! Et dire qu’en Europe on se casse la tête à faire des protocoles pas possible pour avoir soit disant le meilleur chocolat… Qu’ils viennent apprendre chez cette Mamie!

C’est le ventre bien gonflé que nous retournons sur l’autre rive, pour revenir au Lodge. On en profitera pour se baigner, on en a bien besoin!

Les aléas du voyage

Un touriste reste un touriste…

Le lendemain, il est prévu de retourner dormir une nuit sur Banos, avant d’aller direction le Quilotoa. Mais à 4h du matin, Raphael se lève. Il a mal au ventre, vraiment mal. Je vous le donne dans le mille: tourista. Il passera 4 heures à vomir (enfin assez vite il n’y a plus rien qui sort…). Il se tortille de douleur. Étant un enfant qui se plaint rarement, là nous sommes surpris. Il a vraiment très mal, et les vomissements sont très fréquents (en tout je dirais bien une quinzaine de fois!!). Nous lui donnons rapidement du Vogalene et du spasfon, mais il ne garde rien. Et pourtant c’est du Lyoc, censés agir rapidement, mais ça ne suffit pas. Il ne reste qu’à attendre que ça passe…

Il ne faut pas oublier que nous sommes en Amazonie. Juan arrive au petit matin, accompagné du chaman de la communauté. Raphaël aura droit à un traitement ancestral. Le chaman prend en bouche des produits à base de plantes, lui « crache » dessus sur le ventre, le torse, le dos, les jambes… Incantations… Utilisation de feuilles… C’est étrange, mystique.

Chaman ou bonne récupération, nous ne saurons jamais ce qui a joué, mais Raphael est sur pied 5 heures après le début des festivités. Nous le préservons, même s’il parait en forme. On porte son sac et prenons la direction de Banos. Tout se passera parfaitement. Finalement nous restons 2 nuits à Baños, dans un hôtel conseillé par Juan, qui va nous permettre de nous poser et de définitivement requinquer raphael!

Gratte gratte gratte…

De mon côté, le premier jour lors de la visite de la plantation d’ananas, j’étais en short. Quelle belle idée…

Je me suis fait littéralement dévorée par les moustiques des sables. C’est une sorte de moucheron, tout noir. Quand vous le voyez, ça paraît inoffensif.

Sur le moment, c’est à peine si vous sentez la piqure. Mais 2 jours plus tard, qu’est ce que ça démange!! Raphael a compté 79 piqûres sur mes 2 jambes. Rajoutez les bras, on doit atteindre les 100. Une horreur.

Heureusement, des copains nous ont ramené avant de partir une crème qui sert un peu à tout: blessures, bleus, piqûres… Grâce à elle, je peux dormir à peu près correctement. Merci les copains!

Pour ne pas la vider d’un coup avec ça alors qu’elle peut servir pour d’autres choses, on est allé chercher une crème en pharmacie à Baños, et des médicaments que je prendrais avant de dormir pour éviter les réveils!

Informations pratiques

Logement: pour contacter Juan, le mieux c’est par WhatsApp: +593 98-461-4199. Faites confiance en Juan, il vous fera passer un superbe séjour en Amazonie.

Moustiques: pantalons, manches longues obligatoires, ou anti moustique tropical!! Ne faites pas comme moi, je me suis fait avoir, plus jamais!!

Budget pour 3 jours en Amazonie au Sacha Sisa Lodge

Logement, repas, transport et sorties compris: 65$ par jour et par personne

Bus Banos<->Tena: 5$/personne et par trajet

6 commentaires

  1. Nous sommes vraiment ravis que ce séjour chez Juan vous ait plu. Il est adorable et prévenant. A conseiller pour cette douceur de vivre.
    Ceci étant, c’est un un bosseur dans l’ombre..

  2. Alors là, moi, je reste sans voix devant ton récit, les photos, les couleurs …
    Quelle superbe expérience … à des années lumières de ce que nous pouvons vivre ici au quotidien!
    C’est top! ENJOY à gogo 😉
    Gros schmoutz à vous trois.

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