Machu Picchu et la vallée sacrée en 3 jours

Avant de vous partager notre séjour complet à Cusco, nous nous sommes dit que vous avez hâte de lire notre récit sur ces 3 jours de folie, avec le Machu Picchu en tête de liste. A vos sacs à dos, c’est partit !

Jour 1: Chinchero, les salines de Maras et Moray

Pour commencer notre aventure au sein de la vallée sacrée, nous partons de Cusco vers 8:00 avec Melquiades (notre chauffeur privé) et Stéphane (un autre voyageur qui loge à La Maison de Claire et Juan comme nous). Stéphane sera avec nous pour cette première journée, plus on est de fous plus on rit!

Chinchero

En première étape, Chinchero. Nous nous arrêtons d’abord voir une fabrique artisanale de vêtements.

Les vêtements artisanaux

Nous passons devant « l’enclos » aux cochons d’inde (appelés ici « Cuy »). Ils sont tout mignons au milieu de leurs petites maisons à étages… Et dire qu’ils sont élevés pour finir à la casserole! Et oui, ici le cochon d’inde est un met de choix.

Ensuite, nous avons droit à toute une explication sur comment est coupé la laine, nettoyée, filée, colorée… Ici tout est artisanal et naturel. La lessive pour nettoyer la laine? Une racine râpée mélangée à l’eau. Les colorants? Des plantes. Puis, petite démonstration de tissage. Impressionnant. Tout est fait à la main!

Puis, passage par le marché de la communauté. Stéphane (l’autre voyageur, pas mon mari 😉 ) n’était pas convaincu quand on est rentré: il pensait que c’était un piège à touristes avec des produits sans qualité et hors de prix. Il est ressortit avec un sac et un bonnet ^^! Nous ne sommes pas sortis les mains vides non plus, mais je n’en dirais pas beaucoup plus 😉

Le village historique

Puis, nous nous dirigeons vers la partie historique du village. Cette fois pas de problème pour Raphaël: un décret est sortit la veille annulant la restriction pour les enfants de moins de 12 ans qui les empêchaient de sortir! Une sacrée chance, surtout pour le lendemain avec le Machu Picchu !

Après les contrôles, nous déambulons dans le village. Nous n’avons pas de guide cette fois: Melquiades n’est que chauffeur, pas guide. On ne saisit donc certainement pas tout ce qu’il y a à voir et à comprendre, mais la balade est sympathique.

Les salines de Maras

J’avais hâte de voir ces fameuses salines, et je n’ai pas été déçue !

Ces salines sont accrochées à la montagne, abreuvées par un courant d’eau salé qui provient de la montagne elle même.
Les bassins ont été créés et exploités par les Quechuas.

Petit aparté: il faut savoir que quand on dit « les incas » c’est une faute historique. Dire « les incas » c’est en fait comme dire « les rois des Quechuas ». Pour parler du peuple au temps des incas, il faut dire les Quechuas. Les incas ne concernent que les rois! Je parlerais donc bien des Quechuas pour le peuple, et des incas pour les rois des Quechuas!

Pour en revenir donc à nos moutons (ou à nos lamas), les Quechuas les ont exploitées, et elles le sont toujours aujourd’hui. Le paysage est absolument magnifique. Nous observons ces hommes monter les sacs sur leur dos (60Kg chacun!), et grimper au milieu des salines… Il y a vraiment des métiers difficiles… On relativise beaucoup vis à vis des conditions de travail en les observant!

Moray

Après les salines, nous nous dirigeons vers le site archéologique de Moray. Pour pouvoir y accéder, nous passons dans le village de Moray. Il y a des travaux partout, notre chauffeur de compétition doit passer dans des chemins boueux et cabossés!

Nous arrivons entiers sur le site (la voiture aussi, heureusement!). Le site de Moray est vraiment étonnant.

C’est en fait un lieu que les Quechuas utilisaient pour faire des expériences agricoles. Les murs de ces amphithéâtres emmagasinent la chaleur, ce qui permet de créer un micro climat à chaque étage. Ainsi, ils testaient quelles sont les meilleures conditions climatiques pour faire pousser les différentes plantations.

Ils étaient sacrément malins ces Quechuas !

Le train vers Aguas Calientes

Pour finir notre trip du jour, notre chauffeur nous dépose à Ollantaytambo, où nous allons pouvoir prendre le train vers Aguas Calientes, la ville permettant d’accéder au Machu Picchu.

Il est déjà 15h30 quand nous arrivons à Ollantaytambo, et nous n’avons pas encore mangé… Nous allons dans un restaurant au centre, le Apu Ausangate. Il est un peu plus cher que ce dont nous avons l’habitude, mais nous mangeons comme des rois. C’est excellent, on recommande chaudement!

19h arrive rapidement, nous nous présentons au train. Les sièges sont confortables, mais le trajet sera un peu long: 2h de train en pleine nuit, avec un balancement régulier… Nous aurons l’opportunité d’observer les paysages au retour!

Nous arrivons donc assez tard à notre logement à Agua Calientes, en compagnie de Juan qui nous a rejoint à la gare. Il sera notre guide pour les prochains jours. Demain, c’est Machu Picchu!!

Jour 2: Le Machu Picchu

A 7:00, Juan vient nous rechercher à l’hôtel. Nous nous dirigeons vers la station de bus.

En effet, nous avons décidé de prendre le bus pour monter au Machu Picchu depuis Aguas Calientes. Il existe un chemin qui monte au le long de la route (en la croisant de temps en temps), mais entre la pluie et le fait que ce ne sont que des marches à monter pendant une heure et demi, nous avons opté pour la solution la plus facile.
C’est également la solution recommandée par notre guide: pour se garder le temps et l’énergie pour visiter le Machu Picchu le plus possible.

On achète nos billets, et c’est partit! La route zigzague le long de la montagne, la route est faite de cailloux mais les sièges sont confortables.
Nous arrivons en haut juste avant 8:00, parfait car nous sommes quasiment les premiers!

Nous avions peur que le nouveau décret permettant aux enfants de moins de 12 ans de rentrer ne soit pas appliqué: la veille un ami de Juan a eu du mal à faire rentrer les enfants. Mais ça y est, c’est bon: Raphaël passe sans aucun soucis!!

La visite du Machu Picchu peut commencer… Sous un soleil radieux, nous déambulons dans ce magnifique site, au milieu de paysages tout aussi magnifique.
Juan nous explique énormément de choses… L’utilité des bâtiments, leurs croyances, comment ils ont construit le site, comment il a été découvert… L’utilité d’un guide est définitivement obligatoire si on veut bien profiter de sa visite au Machu Picchu.

C’est après 3h30 de visite que nous ressortons du site, des étoiles plein les yeux. Le voir dans un reportage ou en vrai, ce n’est vraiment pas la même chose… Le site a quelque chose… d’envoutant.

Nous redescendons en bus, récupérons le reste de nos affaires et nous baladons un peu en ville avant de reprendre le train.

Cette fois, il fait jour, nous pouvons profiter du paysage. Malheureusement, à 15km de la fin, la locomotive fait des siennes. Il faut la remplacer. Nous arrivons donc 1:30 en retard à Ollantaytambo, mais ce n’est pas bien grave car nous avons réservé un hôtel dans cette ville.

Jour 3: Ollantaytambo et Pisac

Après une bonne nuit de sommeil, nous entamons notre dernière journée de road trip autour de la vallée sacrée.
Juan est revenu pour nous servir de guide. On commence par le site archéologique d’Ollantaytambo, qui est à 2 pas de notre hôtel.

Ollantaytambo

C’est une belle histoire que va nous raconter Juan.

Ollantay était un homme né de famille pauvre. Grâce à des sortes de concours de force et de courage, il se fait reconnaître auprès de l’armée. D’abord soldat, il monte en échelon, jusque devenir Général de l’armée Quechua.
Il tombe mutuellement amoureux de la fille de l’Inca. Ils demandent à se marier auprès du roi, mais qui refuse car Ollantay n’est pas de sang noble.
Les deux amoureux se voient pourtant en cachette, et la fille de l’Inca tombe enceinte. Ils redemandent à l’Inca de se marier, pensant qu’avec la grossesse il va changer d’avis. Mais c’est encore pire.
La fille de l’Inca est envoyée à des km de là, à Arequipa. Ollantay est bani. Le bébé est récupéré, l’Inca va l’élever comme sa propre fille.
Le fils de l’Inca (et donc le frère de la dulcinée d’Ollantay) ne va pas connaître la raison de la disparition de sa soeur: ils lui disent qu’elle est morte. Quand au bébé, l’Inca va lui dire que c’est une nouvelle petite soeur…

Ollantay s’en va, et se réfugie dans la campagne (lieu où est actuellement Ollantaytambo). Il va y construire une maison. Mais rapidement, il n’est plus seul. Il était aimé et respecté dans l’armée Quechua. C’est ainsi qu’un grand nombre de soldats va le rejoindre et déserter l’armée de l’Inca.
Ils vont ainsi commencer à construire le village.
Mais l’Inca est en colère que son armée a ainsi été réduite. Ollantay va donc construire des murs pour protéger son nouveau village. Il devient ainsi une forteresse…
Jamais l’Inca n’arrivera à attraper Ollantay.

A sa mort, le fils de l’Inca prend sa place. Ollantay pense qu’il va pouvoir raisonner le nouvel Inca et pouvoir revoir sa fille et sa dulcinée. Malheureusement, le nouvel Inca ne croit pas en la version d’Ollantay. Il le capture, et veut le tuer, le croyant un ancien ennemi de son père.
Mais sa mère intervient, et lui raconte la vraie histoire: que sa soeur n’est pas morte, qu’elle a été envoyée à Arequipa. Que sa petite soeur est en fait sa nièce… Et que son père a refusé le mariage entre Ollantay et sa soeur.
Mais le fils ne le croit toujours pas.

La mère du nouvel Inca fait donc revenir sa fille d’Arequipa. Voyant revenir sa soeur, qu’il croyait morte, le nouvel Inca ne peut que accepter l’évidence. Son père lui avait menti. Il accepte donc de réunir les deux amoureux en les mariant. Plus de 6 ans se sont écoulés…
Il propose à Ollantay, pour se faire pardonner, de le remettre Général de l’armée. Mais Ollantay refuse: il a perdu trop d’années de sa vie loin de sa fille et de sa femme. Il retourne donc à Ollantaytambo pour y vivre sereinement, entouré de sa famille…

D’où le nom de ce site: Ollantaytambo, ou le lieu de repos d’Ollantay…

C’est beau non?

C’est ainsi que nous visitons le site, entouré de restes de murs, de terrasses, de greniers, de maisons… Un beau site qui mérite de connaître son histoire.

Nous avons droit aussi à une explication de comment les pierres étaient acheminées entre la carrière et le site (séparés de 5km). On pousse, on tire, on déplace le court d’eau d’une rivière, on monte sur des rampes… Facile non?

Pisac

Après cette belle visite, nous nous dirigeons vers Pisac.
Il est bientôt midi, Juan nous propose de nous arrêter manger dans un village réputé pour la cuisson des Cuys. Les cuys, ce sont des cochons d’inde…

Les cuys (végétariens s’abstenir)

Il faut comprendre qu’en Amérique du Sud, le cochon d’Inde est servit normalement pour les fêtes, les anniversaires.
Entre Ollantaytambo et Pisac, il y a un village spécialisé dans sa cuisson. Il nous demande si ça nous dirait. Ne disant rarement non pour goûter aux spécialités, on est partants (sauf Raphaël). Par contre on n’irait pas à manger du chat ou du chien… Chacun ses sensibilités diront nous.

Et bien c’était très bon!! Ils le cuisinent à la broche, avec des herbes, de la pomme de terre… J’en avait goûté un en Equateur, il n’y avait quasiment pas de viande, alors que là on voyait bien que le cuy était bien musclé!

Pisac

Après cette pause repas très locale, nous allons vers Pisac.
La visite sera un peu plus rapide que sur les autres sites: la pluie pointe le bout de son nez.

Malgré le temps, nous prenons le temps d’observer le cimetière si particulier de Pisac. Des milliers de tombes, creusées à flan de falaise… Malheureusement elles ont été profanées, encore merci la colonialisation espagnole !

C’est ainsi que ce termine notre trip autour du Machu et Picchu et de la vallée sacrée.

Informations pratiques:

Road trip: le fait de faire une boucle comme nous l’avons fait permet de ne pas faire d’aller retour depuis Cusco. Nous le conseillons, ce serait usant de le faire en plusieurs fois et beaucoup de km pour rien.

Comment arriver à Aguas Calientes: il y a 2 solutions pour accéder à Aguas Calientes, ville au pied du Machu Picchu.
Soit le train, qui est le plus cher.
Soit prendre le bus depuis Ollantaytambo jusque hydroélectrica, puis à pied en suivant la voie ferrée. Cette 2e option peut être envisagée en saison sèche, mais vous devez être tout de même vigilants. Marcher le long d’une voie ferrée n’est pas anodin, même si beaucoup de blogs et de sites le conseille pour le côté balade et son petit prix. Par contre, en saison des pluies (à partir de mi novembre), c’est franchement déconseillé. Le bus emprunte une route boueuse, à flan de montagne. Des accidents arrivent régulièrement. Et un accident en bord de précipice, ça ne pardonne pas. Soyez prudents, quitte à payer plus cher.

Réserver ses places dans les sites archéologiques: actuellement, il faut réserver dans tous les sites, mais c’était déjà le cas pour le Machu Picchu avant le Covid. Pour le Machu Picchu, la réservation se fait ICI.
Pour les autres sites, rendez vous ICI.

Budget pour 3 jours entre le Machu Picchu et la vallée sacrée:

Chauffeur Jour 1 et 3: 200 soles/j

Train aller retour Machu Picchu: 280 soles pour 3 (attention, il y avait des remises dues à la pandémie, en temps normal c’est plus cher…)

Bus aller retour Aguas Calientes – Machu Picchu: 20$/p

Hôtel Rumi Sonqo (Ollantaytombo): 91 soles la nuit

Hôtel à Aguas Calientes: 100 soles la nuit

Repas de midi à Aguas Calientes: 130 soles pour 4 (nous avons payé le repas à notre guide)

Repas de midi au Apu Ausangate (Ollantaytambo): 105 soles pour 3

Entrée aux salines de Maras: 10 soles/adulte

Guide Machu Picchu: 110$ (comprenant ses frais de train et d’hôtel)

Guide Ollantaytambo et Pisac: 80$ la journée

A savoir, en temps normal les sites de la vallée sacrée sont payants… Nous avons eu la chance de les visiter gratuitement (c’est le cas jusqu’au 31 Décembre 2020)

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