Movil Bus: on a testé le bus de nuit péruvien

Quand on est partis de Cusco, c’était pour une longue journée de transport. D’abord un avion pour Lima (ça c’est facile), puis un bus pour Chachapoyas. 23h de bus, 1300km, vous voyez le tableau. Nous avons fait confiance à l’agence Movil Bus, alors bonne ou mauvaise idée?

Quelle solution pour faire Lima – Chachapoyas?

Chachapoyas, c’est une petite ville au Nord du Pérou, à la lisière de l’Amazonie. On y va pour les cascades, les sites archéologiques, la nature… Mais vouloir y aller c’est bien beau, comment on y va en vrai?

L’avion direct

Première option, l’avion Lima – Chachapoyas en direct. La solution la plus facile, mais la plus chère. C’est la compagnie ATSA qui opère cette ligne.

Ce sont de tout petits avion à hélices, le poids en bagage est donc limité. Mais si vous êtes pressés, ça peut être une solution, mais elle est onéreuse.

L’avion vers Tarapoto

2e solution: la ligne Lima – Tarapoto par Viva Air (une compagnie lowcost péruvienne). On a déjà pris cette compagnie pour notre vol aller-retour entre Lima et Cusco. Le prix est bon, et le service va bien pour un vol intérieur.

Par contre, là où ça se complique, c’est comment rejoindre Chachapoyas depuis Tarapoto, qui est à l’Est. Après nous être renseignés auprès de locaux, il faut prendre un combi (une sorte de gros van), sur une route sinueuse qui est plutôt éprouvante. Non merci pour le mal des transports que nous avons. Next.

L’avion vers Jaen

3e solution, prendre l’avion depuis Lima vers Jaen, une ville à 4h de route de Chachapoyas à l’Ouest. C’est souvent la solution prise par les personnes qui n’ont pas trop le temps mais pas le budget pour la 1ère solution (ATSA).

Vous prenez ensuite un mini bus vers Chachapoyas, la route n’est pas trop difficile cette fois.

Mais c’est quand même une solution assez onéreuse, c’est LATAM qui opère pour cette ligne, ce n’est pas la compagnie la moins chère… Alors on cherche encore…

L’avion vers Chiclayo

On s’éloigne encore un peu pour cette 4e solution. Viva Air a une ligne jusque Chiclayo. L’idée est donc de prendre l’avion jusque Chiclayo, puis un bus jusque Chachapoyas.

Pourquoi pas, cette option a été retenue longtemps…

Le bus Lima – Chachapoyas par Movil Bus

Voilà la dernière option, que nous avons choisi. C’est la plus économique, et c’était la plus pratique au niveau dates. En effet, vu qu’il y a des bus tous les jours, nous pouvions optimiser pour le prendre directement après notre vol Cusco – Lima.

Revers de la médaille: 23h de bus… Nous qui sommes plutôt frileux des bus de nuit suite au vol de notre drone en Equateur (que nous avons racheté entre temps), nous sommes servis…

Avant de valider cette option, nous nous sommes beaucoup renseignés, auprès de locaux différents. Tous disent la même chose: les bus de nuit au Pérou sont sûrs, et Movil Tour fait partie des bonnes compagnies (comme Cruz del Sur ou Transzelia), et c’est la seule à faire ce trajet actuellement. On a donc finit par se faire une raison. On verra bien!

Le bus de nuit péruvien: le déroulé

Après notre avion Cusco – Lima, nous prenons un taxi vers la gare routière de Movil Bus. Nous choisissons un taxi qui est dans l’enceinte de l’aéroport, conformément aux conseils donnés par les locaux. En effet, les taxis à Lima ne sont pas tous sûrs, et Uber ne l’est plus non plus depuis 2 ans. Il faut donc utiliser des taxis recommandés par son hôtel, ou ceux qui sont à l’intérieur de l’aéroport.

La station terrestre Movil Bus

Une fois arrivés à la station terrestre, nous découvrons un hall de bus organisé comme un hall d’aéroport: zone pour acheter les billets, pour déposer les bagages, pour manger, et porte d’embarquement.

Pause repas

Ayant déjà nos billets et étant franchement en avance, nous allons d’abord nous poser pour manger notre repas de midi. Une petite agence propose de quoi faire: sandwichs, menus tout prêts, chips, gâteaux, boissons…
On achète de quoi tenir tout le long du voyage: des menus pour dans le bus, des sandwichs pour manger sur place, boissons, gâteaux pour le petit déjeuner.

Après le repas, direction la dépose des bagages. Nous demandons si nous pouvons nous arrêter à Pedro Tuiz: notre hôte à Chachapoyas nous le conseille car cet arrêt est plus proche de chez elle que le terminus à Chachapoyas. C’est un refus catégorique: « il ne s’y arrête pas ». Tant pis.

Attente du bus

Puis nous attendons, notre départ est à 15:10, nous sommes en avance… Je vais demander à quelle heure il faut se présenter à la porte d’embarquement, l’hôtesse aussi sympa qu’une porte de prison fini par me dire « 15:10 ». Ok, donc on se présente quand le bus doit partir… Soit.

15:10 arrive. Les appels quasi incompréhensibles au micro ne nous concernent pas, c’est à chaque fois pour Tarapoto. 15:20. 15:30… On commence à se demander si on n’a pas loupé l’appel… Je vais me renseigner. Une nouvelle hôtesse, tout aussi aimable que la première, commence par ne pas vraiment me répondre. Il a fallu que je hausse le ton et qu’une cliente à côté me donne un coup de main pour qu’elle finisse par me dire qu’il est en retard et qu’il arrive à 15:45. Bah voilà… C’est pas compliqué quand même!!

Embarquement

A l’heure prévue, nous sommes enfin appelés. On se présente à la porte d’embarquement, avec nos petits sacs à dos et un sachet avec les menus pour le soir.

Mais au « contrôle » des sacs (il ne fait que les tâter), il voit notre sachet avec les menus. Et voilà qu’il nous dit qu’on ne peut pas les prendre: les plantes, fruits, etc. sont refusés dans le bus!! Nouveau protocole qu’il dit, et me montre le panneau!!

Euh ok, mais on mange pas pendant 23h, c’est ça l’idée?? Ici aussi il a fallut que j’appuie fortement pour enfin qu’on m’explique qu’on peut manger, mais que des sandwichs et gâteaux secs.
Il a bon dos le Covid, sans déconner… A part le fait que les sandwichs et les gâteaux secs sont plus faciles à nettoyer pour le personnel du bus, quelle est la différence?? Je ne vois pas en quoi des menus peuvent déranger par rapport au Covid… Déjà qu’en temps normal le service de restauration se fait à bord, alors là c’est le pompon.

Bref. Steph fonce à la petite agence pour racheter de quoi manger ce soir. On leur laisse nos menus…

Le confort du bus Movil Bus

Quand on s’installe enfin dans le bus, c’est mi figue mi raisin.
Les sièges sont confortables, et ils s’inclinent largement.
Il y a un support pour les jambes qui est bien agréable et évite d’avoir les genoux pliés à 90°.
Un film est déjà démarré.
Après avoir bien fouillé, on a fini par trouver les prises usb (sous les accoudoirs) qui nous permettront de recharger les téléphones.

Par contre, des rideaux sont tirés partout, entre les passagers et le long du couloir. En soit c’est pas mal, ça permet plus d’intimité. Mais pour Stéphane, qui est côté couloir et à côté d’un autre passager, ça veut dire qu’il n’a aucune vue sur une fenêtre car les rideaux sont tirés, que ce soit du côté couloir ou entre son voisin et lui… Pas terrible pour le mal des transports…

Le trajet de 23h avec Movil Bus

Au final, le trajet se passe plutôt bien. Le chauffeur roule plutôt prudemment. Les films au début nous permettent de passer le temps: on a eu droit à Dumbo (en film, pas en dessin animé), Bumblebee… Même en espagnol, c’est pas trop mal.
Puis tout est coupé, la lumière est éteinte, pas de bruit dans le bus… On arrive à dormir, même si c’est en pointillé.

Mais Stéphane le vit moins bien que Raphaël et moi. Il doit prendre 2 fois un cachet contre le mal des transport. Et il a vraiment beaucoup de mal à rester assis aussi longtemps. Ca lui fait des douleurs aux fesses, aux jambes…
Comme il dit, lorsque nous avions pris l’avion de 21h pour aller en Polynésie c’était différent: dans un avion on peut se lever, marcher… Dans un bus c’est beaucoup plus compliqué!!

L’arrivée à Chachapoyas

Nous arrivons doucement à destination. On fait une première fois un arrêt où des personnes descendent. Tiens, ça devait pas être un direct??
Je demande au chauffeur si on peut s’arrêter à Pedro Ruiz: « Non, on ne fais que passer ». Ok…

Puis on arrive à Pedro Ruiz, l’arrêt conseillé par notre hôte. Le bus s’arrête, des gens descendent???
Stéphane va voir si on peut descendre. La personne qui s’occupe de vider les bagages regarde où sont les nôtres (enfin une personne agréable!). Par chance, nos bagages sont accessibles, nous pouvons donc les récupérer et descendre. Et ben voilà!!!

Verdict: si la personne des bagages à la station terrestre avait changé notre destination de Chachapoyas vers Pedro Ruiz, comme on lui avait demandé, les bagages auraient été mis dans la zone prévue pour et on aurait pu y descendre sans soucis. Plutôt que de « s’embêter » à changer un pauvre papier, ils préfèrent nous dire qu’on ne s’y arrête pas!!

Mais bon, au final nous avons pu y descendre par chance. Nous avons récupéré un tuktuk qui nous a emmené au logement. On est arrivés à destination, enfin!!

On valide ou pas?

Alors au final, sincèrement c’est plutôt pas mal. Faut pas imaginer bien dormir, mais ça se fait plutôt bien. Et encore on n’a pas utilisé la meilleure des compagnies.

Donc je dirais qu’on valide pour la plupart des personnes. Par contre, si vous savez déjà que vous avez besoin de bouger régulièrement, laissez tomber. 23h, c’est trop long. Stéphane disait 10h maximum. Après ça devient trop gênant.

Du coup pour le retour, nous avons pris l’option avion depuis Jaén. C’est plus cher, mais ce sera plus confortable.

Rendez vous dans notre prochain article: notre séjour dans la région de Chachapoyas !

Budget pour un bus Lima-Chachapoyas par Movil Bus

Bus Lima – Chachapoyas: 120 soles/p

Taxi Aéroport de Lima – Terminal terrestre Movil Bus: 50 soles

Tuktuk terminal terrestre – Cocachimba: 30 soles

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